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L'examen de doctorat ou comment lire 15 000 pages en 3 mois.

Il y a quelques mois, mon collègue Patrick Donovan vous faisait par de son expérience personnelle de l'examen de doctorat. Sans répéter ici le déroulement de cette épreuve académique, je peux maintenant confirmer que son anxiété était fondée et que cette épreuve est réellement difficile et jonchée de questionnements et de remises en question. Grosso modo, cette épreuve consiste en la lecture de 15 000 pages (livres et articles) touchant, dans mon cas, à l'histoire de la justice et de la criminalité au Québec ainsi qu'à l'histoire du contrôle du corps féminin. Cette épopée de lecture débuta à la mi-janvier à la suite de l'approbation d'une liste de lecture. Les semaines et mois suivants furent totalement consacrés à la lecture de ces pages, et ce, en plus de mon horaire habituel de travail de 4 jours semaine.
 
Ces lectures m'ont amenée à parcourir l'histoire de la justice, de la criminalité et du contrôle du corps féminin des XVIIIe et XIXe siècles au Québec, au Canada, aux États-Unis et en Grande-Bretagne. De la situation des mineurs à Timmins, en passant par la campagne antiavortement aux États-Unis et par l'établissement des premières cours de justice juvénile, mes lectures m'ont amenée à mieux comprendre la période touchée par mon sujet de thèse. Ces travaux d'historiens, de philosophes, de sociologues et d'anthropologues me forcèrent à me questionner et à me repositionner par rapport à mon propre projet afin de lui trouver une place dans cette historiographie.
 
L'évaluation académique en deux volets (écrit et oral) fut très stressante et demanda une bonne capacité d'analyse et de diffusion. Tout comme mon collègue, mon évaluation se déroula à merveille malgré un stress très visible de ma part. Il faut dire que les remises en question furent nombreuses avant la fameuse date de l'examen oral et que les doutes furent plus nombreux que les certitudes. Cette expérience est toutefois essentielle afin de bien se préparer à notre période de recherche et d'écriture. Passage obligé, mais nécessaire, cette étape du cheminement du futur historien permet de mieux connaître notre sujet, mais également de mieux connaître nos capacités et nos limites. Période de doute, de questionnements, de découragement, mais également de stimulation intellectuelle, de découvertes et d'ébahissement, cette dernière fut un excellent test afin de vérifier ma capacité de lecture et d'analyse. Les prochains mois seront sans doute moins intenses, mais tout aussi stimulant puisque je débuterai mes recherches en archives…
Posté : 2012-05-22 12:15:57 par Jade Cabana | avec 0 commentaires


Jade Cabana

Doctorante en histoire à l’Université Laval, je m’intéresse particulièrement à l’histoire de la justice, des femmes et du Québec britannique. Ayant complété en 2009 une maîtrise à l’Université McGill portant sur le corps et les preuves médico-légales au XIXe siècle dans les causes de viol, je me penche désormais sur le corps des femmes victimes et criminelles de Québec entre 1760 et 1920.

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